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Le Mutoscope, qui connaîtra un rapide succès aux États-Unis dans ce que l'on appelle les « penny arcade », sortes de salles de jeux de l'époque, a aussi été appelé en Angleterre du nom de l'une de ses plus célèbres roues d'image : « What the Butler Saw ». Il a été très populaire jusqu'en 1910 à peu près, date à laquelle la concurrence des projections de cinéma lui a été fatale, même s'il a continué à être utilisé.
Le 11 septembre 1896, l'anglais Arthur Andrew Melville, qui avait dix ans auparavant déposé un projet pour un « Living Picture Book », dépose un nouveau brevet (British Patent , n°20.136) qu'il intitule « A New Device by wich the Leaves of Picture and other Books may be Turned Over in a Regular Manner ». Il s'agit, comme le montre très bien l'illustration, d'un système très simple pour effeuiller cette fois un véritable flip book.
Auguste et Louis Lumière, inventent le Kinora qui est breveté en Angleterre en 1896. C'est en quelque sorte un dérivé simple du Mutoscope puisqu'il s'utilise également avec une manivelle mais sans pièce et avec une roue d'images beaucoup plus petite. Il en existe de nombreuses versions qui différent seulement dans la présentation. Des négatifs des premiers films tournés pour le cinéma ont alimenté la production de ces images jusqu'à la première guerre mondiale. Une recension en a été faite qui a été récemment rééditée 2.
Le 17 août 1897, Charles Auguste Watilliaux et Siméon Claparède obtiennent un nouveau brevet (n°266.424) pour un appareil qui a pratiquement les mêmes fonctions que celui de l'année précédente mais qui est baptisé « Cinébaroscope ». La différence essentielle est que les images se reflètent dans un miroir afin d'être vues par l'utilisateur à travers une fenêtre.
En 1898, l'anglais Henry Short dépose un brevet pour ce qu'il appelle le Filoscope, une sorte de
En 1898 apparaît un feuilleteur français déposé par un fabricant de flip books nommé Léon
En 1900 est produit par un fabricant de jouets français un « Cinématographe » dont les images sont montées sur une Il suffit pour la mise en marche de mettre sur le treuil la collection choisie, placer à l'intérieur la boule-charge et de plonger le tout dans l'appareil. Tenir toujours le Cinématographe-Jouet dans la position verticale ».
Une autre version, présentée dans une boîte rouge, est appelée « Cinescenic - Dessin animé » En 1905 sera réalisée une version électrique de ce jouet, promue dans les catalogues toujours sous le nom de « Cinématographe-Jouet » : « Moteur électrique actionnant un cinématographe. 5 vues différentes, pile et accessoires. Haut. O m 20. Long. O m 27 4. »
C'est aussi au début du siècle que sont inventés les « Viewers » américains qui permettent de feuilleter des flip books et qui sont destinés aux enfants. Le premier qui ait été signalé est un Mutoscope à construire soi-même : « A Mutoscope for Boys and how to make it » par Theodore Brown qui figure dans Boys Own Paper des 16-23 février et 9-16 mars 1901 6 qui utilise les flip books de Gies & Co (comme The Yankee Cop ).
Il s'agit de dessins réalisés par un dessinateur anonyme qui probablement travaille pour cette société. Le feuilleteur est vendu avec ses quatre flip books. Une boîte est proposée séparément qui contient huit flip books complémentaires. Nous avons pu également retrouver un cliché en négatif en cuivre qui a servi à imprimer des couvertures de ces flip books.
Certains de ces flip books sont repris par une société dénommée Peco, autre fabricant de jouets américains mais basé à Groton près de New York. Le feuilleteur appelé « Peco Movie » est construit sur le même modèle et permet également de feuilleter quatre flip books. Seules sa forme et sa manivelle sont différents.
En 1937, proposée par la marque Pillsbury Farina, est diffusée une machine à feuilleter en carton à monter soi-même. Elle s'assemble sans aucun point de colle et devait être offerte aux clients pour des achats de produits de la marque. En 1938, Pepsodent propose le même avec des images recto verso de deux histoires, Snow White and the seven Dwarfs et Mickey Mouse & Donald Duck, sous copyright Walt Disney.
Ce feuilleteur allemand appelé Rotofoto date probablement aussi de l'entre-deux-guerres. C'est une sorte de mutoscope en réduction puisque les images sont montées en roue et se feuillettent avec une petite manivelle.
Le « Cinécoloral » français date probablement des années cinquante. Il reprend le principe de la roue du Mutoscope avec également un éclairage intérieur et permet de feuilleter ce qui s'apparente à un véritable dessin animé. Mais contrairement au Mutoscope on le projette sur une surface extérieure grâce à son objectif ce qui permet notamment de le regarder à plusieurs.
Vers 1955, apparaît une boîte qui incorpore un folioscope à manivelle réalisée par Carlier, cartonnier à Fourmies (Nord). Ces « boîtes-à-jouer » sont dénommées « Ciné "Bop" ». En carton souple elles sont destinées à contenir des friandises. Les fenêtres sont garnies de rhodoïd qui permet de voir le contenu. Le folioscope est actionné par une simple manivelle en fil de fer qui permet de mouvoir les images disposées autour de l'axe. Les images sont dessinées par Étienne Roth. Selon Pascal Pontremoli 7, il en existe au moins huit différents : « Dans l'astronef », « Le Satellite artificiel », « Les Martiens arrivent », « Hep ! Taxi », « Be-Bop », « Le trésor de la mer », « Guerre dans l'espace » et « La fusée interplanétaire ». Nous avons pu en retrouver les six premiers.
De ces mêmes années doit aussi dater ce feuilleteur « Show Boat » réalisé en carton par une entreprise nommée Anchor Manufacturing Company basée à Springfield dans le Missouri. Il contient une bande d'images enroulée qui est actionnée par une manivelle.
En 1984, la société Intervisual Communications Inc. de Los Angeles commercialise des « Livres Théâtres » dont la version française est publiée par Albin Michel Jeunesse. Il en existe trois. La roue d'images est simplement actionnée avec le doigt.
En 1990, le mensuel Schtroumpf, destiné aux enfants, offre dans son numéro du 10 août, un « schtroumphoscope » en planches à monter 8. Il s'agit d'un feuilleteur dont les images recto verso tournent autour d'un crayon, sur le même principe que celui réalisé par Kellogg's.
Des artistes ont aussi réalisé des feuilleteurs ou mutoscopes. On en a vu un dans l'exposition « Daumenkino. The Flip Book Show » présentée à Düsseldorf en 2005, réalisé par Robert Breer en 1964. Un autre est reproduit dans le catalogue ; il avait fait partie d'une exposition au Whitney Museum à New York en 1980. Dans les années quatre-vingt-dix Norman Colp en a réalisé qui reprennent certains de ses flip books de la fin des années soixante-dix. Ils sont très bien finis et fonctionnent à la perfection. Certains sont uniques et d'autres ont été produits à 10 exemplaires. Ci-joint, celui qui fait partie de notre collection, reprend le flip book Steam : My View from P.S.1 . Il est unique et a été réalisé en 1994.
![]() ![]() Au tournant du XXe siècle, on pouvait trouver trois feuilleteurs à monter. Le premier a été réalisé en 1996 par Derek Read en Angleterre. Il s'agit d'un mutoscope à monter, qu'il appelle curieusement « Mutascope », distribué par Robenau Toys. Le deuxième, en noir et blanc, produit par le Deutsches Filmmuseum de Francfort et daté de 1997, appelé Moving Picture Machine, est exactement fait sur le modèle du Pepsodent et du Kellogg's. Le troisième, également allemand, produit sous le nom de Papier-Kino par Bären Presse en 2001 est très original (www.baerenpresse.de).
Enfin récemment, un passionné de jouets optiques américain, Joe Freedman propose ces feuilleteurs entièrement faits à la main avec plusieurs versions d'images à animer (www.sarabande.com). (Voir l'animation)
En 2001 également, le célèbre dessinateur Chris Ware, auteur de Jimmy Corrigan , faisait paraître dans le n°15 de sa revue, The Acme Novelty Library , un “Professional Futuristic 3-D Picture Viewer” à découper et monter qui a une forme très originale.
2 : The Kinora Library. A descriptive List of Moving Pictures that you may see in your own home, Hastings, The Projection Box, 2001. Voir aussi Barry Anthony, The Kinora. Motion pictures for the home 1896-1914, Londres, The Projection Box, 1996. 3 : Ce jouet a été décrit par Pascal Pontremoli dans« De l'animoscope au zootrope », Le Vieux Papier, 1997. 4 : Retrouvé dans un Catalogue Jouets Étrennes 1906 des Magasins Aux Trois Quartiers par Pascal Pontremoli, op. cit. 5 : Visibles dans la partie Communication du Musée, ils portent les numéros d'inventaires 16964-0001 et 16964-0002. 6 : Décrit par Stephen Herbert dans Theodore Brown Magic Pictures. The art and inventions of a multi-media pioneer, Londres, The Projection Box, 1997. 7 : Pascal Pontremoli, op. cit. 8 : Pascal Pontremoli, op.cit.
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