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Le Blog de Pascal Fouché flipbook.info
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Un blog sur le flip book

   Afin de partager mes découvertes concernant cet objet méconnu qu'est le flip book, je vous propose de commenter ici régulièrement ce que je peux trouver de nouveau en matière d'histoire du flip book et des feuilleteurs et aussi de vous présenter mes dernières trouvailles. N'hésitez pas à réagir (en français ou en anglais) et à me faire part de vos propres réflexions ou des nouveautés dont je n'ai pas encore connaissance. Ainsi pourrons-nous faire progresser notre connaissance de cet univers.

Pascal Fouché

7 juillet 2019 à 23:44:50

Les flip books de Guillermo Mordillo

Guillermo Mordillo est mort le 29 juin. Argentin d’origine, dessinateur bien connu de bande dessinée et de dessins humoristiques, il a vécu à Paris avant de s’installer en Espagne puis de partager son temps entre Monaco et Majorque.

À Paris, il a notamment publié ses dessins dans Paris-Match, Lui, Marie-Claire, Le Pèlerin et Pif Gadget. Son dessin et ses personnages sont universels et facilement reconnaissables notamment par son utilisation de pleines pages et de couleurs vives et le fait qu’il n’y ait pratiquement jamais de texte. Il a été édité dans le monde entier mais on connaît moins les flip books tirés de ses dessins qui ont été en grande majorité produits en Allemagne, où Mordillo, très connu grâce notamment à sa collaboration au magazine Stern, était très lié avec l’éditeur Friedrich Wilhelm Heye.

Il disait dans une interview : « Je fais mes dessins avec un rythme cinématographique qui conditionne la mise en page en une ou quatre séquences » (Le livre de Mordillo, Glénat, 1999), c’est donc tout naturellement que Friedrich W. Heye a souhaité les exploiter en flip books.

Il est très probable qu’ils n’aient pas été dessinés par lui mais que, comme nombre de produits montrant ses créations, ce soient des dérivés de ses dessins. J’en possède une cinquantaine dans ma collection, dont certains utilisent les mêmes dessins sous des titres différents. Ils se divisent en deux séries.

De simples flip books :



Et des cartes à envoyer contenant un flip book :



Ils ont été publiés dans les années 1970 et 1980 au moment où de nombreux produits dérivés des œuvres de Mordillo ont été commercialisés : calendriers, dessins animés, puzzles, cartes de vœux, cartes à jouer, etc.
30 juin 2019 à 23:51:53

Flip book et langue française

Le Journal officiel du 25 juin contient une recommandation de la Commission d’enrichissement de la langue française concernant des équivalents français à utiliser pour des termes ou expressions en langue étrangère dans le domaine de la culture.
On y trouve des traductions ou adaptations qui paraissent logiques comme le fait d’utiliser bande dessinée en ligne au lieu de webcomic, fiction climatique au lieu de climate fiction, livre-magazine au lieu de mook (encore que mook soit plus parlant…) ou encore mise en page fixe au lieu de fixed layout…
On y trouve aussi des termes nettement plus discutables comme accrolivre pour page turner (imaginez-vous dire d’un livre « c’est un accrolivre » !) ; livre en relief pour pop-up (avec une note disant que « Les illustrations d’un livre en relief peuvent notamment être découpées, pliées ou reliées »…).
On y trouve enfin (c’est pourquoi j’en parle ici) la recommandation d’utiliser le terme folioscope pour désigner un flip book.
Ayant été, il y a plusieurs années, consulté par quelqu’un de cette Commission sur la meilleure façon de désigner un flip book en français, j’avais expliqué que je ne voyais pas pourquoi on ne pourrait pas garder le terme flip book qui est devenu pour moi aussi français que football, revolver ou best-seller… J’avais précisé que le terme folioscope n’est pas adapté (j’en ai plusieurs fois parlé ici) parce qu’historiquement il a été inventé par un marchand de jouets à la fin du XIXe siècle avant de tomber dans l’oubli et d’être ressorti seulement à la fin du XXe siècle et surtout parce qu’étymologiquement il n’explique en rien ce qu’est un flip book…
Autant je trouve justifié d’utiliser des termes français plutôt que des termes anglo-saxons quand leur traduction est possible, autant je pense que vouloir à tout prix trouver un mot à consonance française pour ne pas se servir d’un mot évident et compréhensible, sous prétexte qu’il est dans une autre langue, est assez contre-productif. Qui utilise le mot fouineur pour désigner un hacker ? Le mot bogue au lieu de bug ? Le québécisme courriel au lieu d’e-mail ou courrier électronique ? Et pourtant ce sont des préconisations de cette Commission. Les québécois sont cernés par la langue anglaise et ils ressentent le besoin de se défendre âprement, en est-on rendu au point qu’il faut à tout prix tout compliquer ? De tout temps on a emprunté des mots d’une autre langue quand leur utilisation était plus évidente que d’en trouver une traduction ou une adaptation bancale. Les anglais et les américains comme les autres ont depuis longtemps eux aussi adopté des termes français !
En ce qui me concerne je continuerais à appeler flip book un flip book et ce ne sont pas les arguments avancés par cette Commission qui me feront changer d’avis : ils ont, disent-ils, regardé ce qu’ont fait les québécois qui auraient traduit flip book par folioscope ce qui ne serait pas une mauvaise solution ! Pourtant il ne s’agit nullement d’une traduction puisque le mot folioscope a été créé en France bien qu’il ait effectivement été récupéré récemment par les québécois. Second argument, flip book serait difficile à prononcer en français car il a deux consonnes occlusives labiales consécutives le p et le b… Que les français aient plus de mal à prononcer flip book que les anglais a de quoi laisser perplexe !
Encore une fois pourquoi vouloir tout traduire ou adapter quand les mots existent et sont faciles à comprendre : un flip book c’est un livre qu’on feuillette, un folioscope personne ne comprendra jamais ce que ça veut dire !

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