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Le Blog de Pascal Fouché flipbook.info
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Un blog sur le flip book

   Afin de partager mes découvertes concernant cet objet méconnu qu'est le flip book, je vous propose de commenter ici régulièrement ce que je peux trouver de nouveau en matière d'histoire du flip book et des feuilleteurs et aussi de vous présenter mes dernières trouvailles. N'hésitez pas à réagir (en français ou en anglais) et à me faire part de vos propres réflexions ou des nouveautés dont je n'ai pas encore connaissance. Ainsi pourrons-nous faire progresser notre connaissance de cet univers.

Pascal Fouché

24 février 2019 à 23:38:12

Richard Powers imagine un flip book réalisé sur trois générations

Dans son roman The Overstory traduit en français sous le titre L’Arbre-Monde, l’écrivain américain Richard Powers raconte comment John Hoel fait tous les 21 du mois à partir de mars 1903 une photo d’un châtaignier de la ferme que la famille appelle « l’arbre sentinelle ». À sa mort, son fils fait le constat suivant : « Avec plus de cent clichés, le film muet le plus vieux, le plus court, le plus lent et le plus ambitieux jamais tourné en Iowa commence à révéler le dessein de l’arbre. En faisant défiler les images, on voit le sujet s’étirer et chercher à tâtons quelque chose dans le ciel ». Il reprend le flambeau et alors qu’il part pour la première guerre mondiale, dont il ne reviendra pas, il fait promettre à son fils de continuer à prendre les photos. « Son absurde rituel photographique donne à sa vie un sens aveugle que même la ferme ne saurait lui fournir ».
Pendant la deuxième guerre mondiale, la pile de photos atteint les cinq cents. C’est toute son histoire dont la famille se souvient ainsi à travers la même photo. Il ajoute sept cent cinquante-cinq photos aux cent soixante qu’avaient prises son père et son grand-père et le dernier mois de sa vie c’est son fils qui prend la dernière. Il a tenu sa promesse mais maintenant c’est terminé. « Trois quarts de siècle défilent en cinq secondes, dansant sous le pouce ». Son fils le conserve bien que « Ni ses grands-parents ni son père ne pouvaient lui expliquer la raison d’être de cet épais flip-book ». C’est « grisé par le flip-book », qu’il se met alors à dessiner des branches. À partir des photos il réalise une série de dessins à l’encre qui composent un nouveau flip book. « Je viens d’une longue et respectable lignée d’obsessionnels », précise-t-il. Quand la ferme est vendue, il enterre le flip book : « La liasse de photos – ce flip-book couvrant un siècle de croissance d’un châtaignier – disparaît dans le trou ». Quand il revient plus tard déterrer les photos, « Rien qu’en les tenant, il sent l’arbre s’élever en spirale comme une fontaine en tire-bouchon, veillé par des générations de Hoel ».
Cette histoire n’est qu’une infime partie de ce roman touffu, Grand Prix de littérature américaine 2018, qui retrace le destin de neuf personnes cherchant à sauver un séquoia de la destruction.

Le flip book apparaît dans bien des films et des livres mais j’ai trouvé cette évocation très poétique : « Vous avez déjà vu un arbre gagner quatre-vingts ans en dix secondes ? » écrit Richard Powers…



Le 15 avril 2019 le roman de Richard Powers a reçu le Prix Pulitzer de la fiction qui récompense une œuvre littéraire de fiction d'un auteur américain.

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