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Le Blog de Pascal Fouché flipbook.info
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Un blog sur le flip book

   Afin de partager mes découvertes concernant cet objet méconnu qu'est le flip book, je vous propose de commenter ici régulièrement ce que je peux trouver de nouveau en matière d'histoire du flip book et des feuilleteurs et aussi de vous présenter mes dernières trouvailles. N'hésitez pas à réagir (en français ou en anglais) et à me faire part de vos propres réflexions ou des nouveautés dont je n'ai pas encore connaissance. Ainsi pourrons-nous faire progresser notre connaissance de cet univers.

Pascal Fouché

6 juillet 2014 à 23:49:32

Biofix-Tabarin

Biofix est cette marque apparue à Londres en 1911 qui permettait de se faire photographier par un professionnel pendant quelques secondes et de repartir avec son portrait animé en flip book (j’en parle dans la partie « Historique » de ce site). On connaît aussi des Biofix à Paris, Bruxelles, Berlin et Madrid.
J’ai longtemps cru qu’il n’y avait eu qu’un seul endroit où l’on pouvait faire des Biofix à Paris au 23, boulevard Poissonnière, là où Guillaume Apollinaire et son ami André Rouveyre sont allés se faire photographier un jour d’août 1914 (voir ce que j’en ai dit ici le 30 décembre 2005, le 28 juin 2007 et le 18 juin 2012).
Mais j’ai découvert récemment qu’il y avait un deuxième endroit où l’on avait produit des Biofix à Paris : le Bal Tabarin.



Le Tabarin était une salle de bal, 36-38, rue Victor-Massé dans le 9e arrondissement, créée en 1904 par le compositeur et chef d’orchestre Auguste Bosc, du nom d’un ancien cabaret proche, les Tréteaux de Tabarin. Outre des bals, y sont organisés des combats de boxe féminins, des batailles de fleurs et des concours en tous genres (de beauté notamment). Après que le Moulin Rouge ait été ravagé par un incendie en février 1915, le Tabarin accueillera son célèbre French Cancan jusqu’à sa réouverture en décembre 1924. Il redevient alors une salle de bal puis de revues mais décline peu à peu jusqu’à sa fermeture en 1953. Il a été détruit en 1966 et remplacé par un immeuble moderne. Un reportage sur le Tabarin a été diffusé à la télévision à la veille de sa démolition ; on peut en voir gratuitement le début sur le site de l’Ina (http://www.ina.fr/video/CAF90036664/tabarin-video.html) et en télécharger l’intégralité contre paiement si on veut le voir en entier.



Extrait du Guide des plaisirs à Paris, 1908

Au sous-sol dans les attractions du « Village-Tabarin » a donc été installé à un moment ce Biofix dont les seules références que j’ai trouvées datent de juin 1913.



Cet extrait de presse provient du journal Le Gaulois du 21 juin 1913 ; comme elle figure à la même date dans plusieurs autres journaux, c’est en fait une insertion publicitaire comme cela se faisait couramment à l’époque.
Deux jours avant, le 19 juin, on pouvait d’ailleurs lire également dans plusieurs journaux, et notamment Le Petit Parisien :
« BAL TABARIN. – C’est actuellement la salle la plus fraîche de Paris et les apéritifs-concerts, de cinq heures à sept heures trente sont le rendez-vous de tous les amateurs de tango et de valse boston.
Au sous-sol, le Biofix Tabarin, la grande nouveauté parisienne obtient chaque soir un immense succès et chacun veut avoir son amusant portrait cinématographié. Samedi prochain, grand concours de fossettes. Ce titre suggestif qui permettra les déshabillés les plus indiscrets nous promet une soirée des plus réussies. »

Puisque c’était une nouveauté on peut penser qu’elle est créée cette année-là, mais je n’ai pas pour l’instant trouvé d’autres références et ne sais donc pas non plus quand elle a réellement disparu. Ce qui est étonnant c’est que, comme on le voit sur la reproduction ci-dessus, le seul Biofix que j’ai trouvé qui vient du Tabarin porte sur la reliure l’adresse du Biofix de Londres. On aurait pu penser que le Biofix Tabarin avait pu être ouvert comme un essai dans la capitale française transformé ensuite par l’ouverture de la succursale du boulevard Poissonnière, si la première référence que j’ai trouvée du Biofix du boulevard Poissonnière ne datait aussi du 3 juin 1913. Le quotidien La Presse, fait état ce jour-là d’un des prix prévu pour le Championnat de la Presse (un concours réservé aux cyclistes et porteurs de journaux) du 8 juin : « Six bons pour un portrait animé, offerts par Biofix, 23, boulevard Poissonnière »..., ce qui prouve que le Biofix-Tabarin et celui du boulevard Poissonnière ont en fait coexisté.

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