Dans ce blog, le 15 avril 2018, j’avais célébré les 150 ans du flip book dont le premier brevet a été déposé le 18 mars 1868 par l’imprimeur anglais John Barnes Linnett. Contrairement en effet à ce que prétendent certaines histoires du cinéma, ce n’est pas le français Pierre Hubert Desvignes qui a inventé le flip book ; même s’il a animé des images, son brevet anglais du 27 février 1860 est obtenu pour des « variantes monoculaires et stéréoscopiques d’appareils stroboscopiques cylindriques », son invention est donc plus proche du zootrope que du flip book et il n’a pas déposé de brevet en France.
Linnett, qui est décédé deux ans plus tard à l’âge de 40 ans, appelle son invention « Kineograph a new optical illusion ». Ce nom de Kineograph n’aura pas plus de succès que le nom de Folioscope, invention de Charles Auguste Watilliaux en 1896, mais entretemps de nouveaux brevets américains ont été déposés en 1882.
Les flip books de Linnett sont donc particulièrement rares et fragiles, la collection la plus importante se compose de onze flip books conservés à la Cinémathèque française.
Comme beaucoup de flip books de la fin du XIXe et du début du XXe siècles, ils se tiennent verticalement d’une main et se feuillettent de l’autre de l’avant vers l’arrière.
Le premier que j’avais trouvé représentait une femme Galloise barattant du beurre, le deuxième montre trois enfants faisant de la balançoire sur une planche posée sur un tonneau, deux assis aux deux extrémités et le troisième debout au milieu faisant pencher la planche d’un côté ou de l’autre.